Depuis quelques années, la scène brassicole montréalaise est en pleine effervescence : de nouvelles brasseries voient le jour dans différents quartiers, le savoir-faire et la créativité des brasseurs (professionnels comme amateurs) semblent sans limite. La densité de la population, la curiosité des montréalaises et montréalais et la vie de quartier permettent de soutenir une grande diversité de broue-pubs et offrent un territoire d’exploration et d’expérimentation idéal pour les brasseries. Dans ce contexte urbain, on en vient bien souvent à oublier que la bière est un produit principalement agricole. Pour concocter de délicieux breuvages, nous, brasseurs, devons nous approvisionner à l’extérieur de la ville, voir du pays.
 

Et si la ville était un jardin?
Dans le contexte climatique actuel, les villes seront de plus en plus encouragées à changer leurs visions et leurs pratiques en matière d’écologie. Ne l’oublions pas, la ville est un écosystème. Pour offrir un milieu de vie agréable à ses citoyennes et citoyens et rejoindre un effort plus global de sauvegarde de l’environnement pour les générations futures, les villes devront se tourner vers les plantes. En recouvrant de végétaux les façades, les toits, les balcons et tous ces endroits que la nature a depuis longtemps cédés au bitume, non seulement participerions-nous à réduire de façon significative les îlots de chaleur, mais du même coup nous pourrions produire de quoi nous nourrir. C’est en observant toutes les initiatives en matière de verdissement et d’agriculture urbaine (des jardins communautaires aux ruches sur les toits verts, en passant par les fines herbes et autres tomates cerises sur les balcons montréalais) que l’idée a germé.

 

En tant que citoyen, que pouvons-nous faire pour contribuer au verdissement urbain?
Et si on plantait du houblon avec lequel on ferait ensuite une bière pour célébrer Montréal et promouvoir l’agriculture urbaine? Le houblon est une plante vivace, grimpante, qui tolère bien notre climat. Elle est la candidate idéale pour recouvrir les façades durant l’été en apportant une récolte intéressante à l’automne, tout en maintenant l’intégrité architecturale des bâtiments durant la saison froide. Évidemment un projet de ce genre ne pourrait voir le jour sans la collaboration des citoyen(ne)s et des propriétaires, sans une collaboration entre les différentes brasseries et sans un intérêt de la part des élu(e)s. Il s’avère donc primordial d’offrir aux citoyen(ne)s des séances de formation (culture et récolte du houblon, fabrication de la bière, herboristerie, écologie urbaine) pour les inclure dans un projet collectif mais aussi pour renforcer leur autonomie et leur savoir-faire. Il est aussi important que les différents broue-pubs créent des liens avec leur clientèle et leur voisinage pour faciliter le transfert d’information et la réussite des futures récoltes. Les conditions nécessaires à la réussite du projet sont aussi un des objectifs : réunir brasseurs et citoyens autour d’un projet commun tout en faisant la promotion d’une ville plus verte.
 

Célébrer Montréal
Une récolte intéressante pouvant avoir lieu dès la troisième année d’un plant de houblon, l’année 2017 et le 375e anniversaire de la ville nous offriraient donc la première récolte et une double raison de célébrer. Les différentes brasseries participantes produiront une bière sur la base d’une même recette élaborée en collégialité mais avec des houblons provenant de leurs quartiers respectifs, donnant à tous une raison de plus d’aller à la rencontre de Montréal.